Éva Kristina Mindszenti :



Eva Kristina MindszentiEva Mindszenti appartient à une famille d’artistes peintres, venue s’installer il y a trente ans en Lot et Garonne.

Eva est plasticienne professionnelle depuis cinq ans et vit désormais à Toulouse. Elle a déjà réalisé une vingtaine d’expositions de photographies et d’encres de Chine.

L’idée d’écrire un livre pour enfants prit source il y sept ans, lorsqu'elle travaillait à cette époque comme éducatrice pour la Croix Rouge de Toulouse.Avant cette collaboration, elle savait que la lecture était un vecteur culturel privilégié, un outil pédagogique fertile, auprès des populations défavorisées elle découvre sa fonction sociale. Lors de l’écriture de Phénoménal Kutyu, les enfants de la Croix Rouge ne quittèrent pas son esprit, tant elle se rappelait combien les livres étaient pour eux une richesse salutaire.



« J’ai toujours su que j’allais devenir artiste plasticienne. Parce que j’appartiens à une famille d’artistes peintres, parce que je suis plasticienne de métier, certains se sont étonnés que je n’ai pas choisi les BeauxArts pour me former. J’ai préféré la musique, l’art lyrique précisément, que j’ai étudié à l’école Florence Niget de Toulouse, puis dans la classe de Pam Smith à Londres. Une fois ma formation terminée et mes galons de cantatrice acquis, j’ai arrêté de chanter.

Certains m’ont questionnée sur l’utilité d’être diplômée du City and Light College de Londres en littérature anglaise, quand, soyons honnête, ce diplôme n’a eu, pour l’instant, qu’un intérêt de fierté.

Enfin, certains m’ont demandé comment, entre la musique et la littérature, j’avais eu le temps d’apprendre mon métier de plasticienne.

Aux premiers et aux seconds, j’ai répondu que tous les arts tendent vers une seule et même chose que j’appellerai « l’essence ». Être artiste, c’est rechercher cette essence, où qu’elle se trouve.

Aux troisièmes, j’ai répondu que c’était tout l’avantage d’être insomniaque : avoir le temps de travailler, d’étudier ou simplement de vivre trois fois plus longtemps.



Si je devais définir mon premier album, je dirais que Phénoménal Kutyu est un livre qui joue à cache-cache.

En écrivant Phénoménal Kutyu, j’avais envie d’évoquer, à travers le plus humble des personnages, le plus simple des points de vue, le thème complexe de l’identité. Je fais partie de ces Français dont les parents sont issus d’autres pays, d’autres cultures. Mal à l’aise dans ma propre patrie, mal à l’aise en parlant une langue maternelle qui n’était pas celle de mon père, j’ai observé attentivement mes pairs. Ceux qui étaient nés ici. Ceux que je croyais intégrés.

L’observation me réservait une surprise. Elle m’apprit que l’identité n’étaient pas liée aux racines que l’on porte mais à la place que les autres voudront bien vous offrir. Nous sommes intimement ce que l’extime forgera de nous.

Cette réflexion a nourrit le fond du livre. Le texte. Ensuite vint la forme. L’illustration. En tant que plasticienne professionnelle, l’encre de Chine était déjà ma technique de prédilection. Elle s’imposa d’elle-même pour cet album, capable de restituer, avec l’extrême force des contrastes noir-blanc, toutes les subtilités du sentiment humain. Un humain, c’est ce pense être Kutyu, le chien de la famille Taylor. Quand on lui refuse l’inscription à l’école sous le prétexte d’être un chien, il se trouve plongé dans un désarroi profond. Car, qui est-on vraiment ? Celui que l’on ressent être ou celui que les autres voient ? La rencontre avec Florent, l’enfant aveugle, bouleversera leurs vies en leurs offrant des perspectives inespérées.

J’ai voulu écrire un livre pour de jeunes enfants en pensant au plaisir que les adultes prendraient à le lire aussi.

J’ai voulu écrire un livre qui permettait un partage inter-générationnel autour d’une histoire, d’un questionnement.



C’est pourquoi Kutyu est un chien noir, tout noir, qui recherche les sentiments profonds, pratique l’humour canin et ne craint pas les émotions fortes. Kutyu est la part de chacun d’entre nous qui cherche sa place en ce monde. Je préfère vous rassurer tout de suite : en fin limier, Kutyu la trouvera. Parce que nous avons tous une bonne raison d’être là où nous sommes. »



Eva Kristina MINDSZENTI est également l'auteure de : L'aventure, Kutyu ! L'aventure...